actu_10380_vignette_alaune

andré, le chausseur qui sait chausser

115 ans qu’André chausse la famille. Pour l’occasion, une collection de modèles "vintage" revisitée par les créateurs Baron(ne) est mise en place en boutiques. Les modèles mythiques sont à l'honneur : des babies des années folles en passant par les cuissardes des 60's.

1896, un jeune alsacien, Albert Levy, se lance dans la fabrication de chaussures. A cette date, il paraît très incertain de lui prédire un avenir plus que centenaire.

 

En effet, le vaillant entrepreneur ne bénéficie pas des meilleurs auspices. En France, le marché est très concurrentiel, on compte pas loin de 30 000 fabriques, le plus souvent des artisans employant moins de 5 salariés, tandis que les prémices de la concurrence internationnale arrivent par l'Amérique où la mécanisation triomphe. "Les progrès de la science sont tels à notre époque, lit-on dans Le Bulletin des Cuirs, que l'on tanne aujourd'hui dans une moyenne de vingt-quatre heures une peau de vache ou de boeuf que l'on tannait autrefois en deux années. La ruine et la déblâce ! ".  Par ailleurs, le contexte général est secoué par la "grande dépression".

 

Notre vaillant entrepreneur ne s'en laisse pas compter. Il comprend vite que l'avenir se trouve en boutique. Si la production de masse apparait, les modes de consommation changent aussi. Employés et ouvriers commencent à acheter des souliers "de ville". Si l'on produit plus et moins cher, il faut également changer les manières de vendre. Déjà, les marques "Incroyable" et les chaussures "Raoul" rencontrent le succès.

 

En 1903, Albert Levy rachète à un commercant de Bordeaux sa boutique à Paris au 41 faubourg du Temple. Le magasin porte déjà le prénom "André". Albert Levy l'adopte et les succursales se multiplient :  12 en 1906, 33 en 1910, 57 à la veille de la première guerre. Une croissance qui trouve son apogée dans les années soixantes quand l'Echo de la presse titre : "A Paris, un pied sur deux est chaussé par André". Aujourd'hui, on compte encore plus de 200 boutiques.

 

Le développement de la marque se fait d'abord sans l'aide de la publicité. Notre alsacien n'est pas convaincu et reçoit fort séchement les premières propositions d'un jeune publicitaire, Marcel Bleustein : "La publicité, pour quoi faire ? Notre publicité, c'est notre vitrine ! " ... En 1932, il signe pourtant une collaboration qui durera plusieurs décennies et assurera à l'agence l'un de ses premiers grand budget. "André, le chausseur sachant chaussé" restera pour longtemps la signature de la marque.

 

Aujourd'hui, l'ADN est respecté. André produit toujours des chaussures pour toute la famille et bénéficie de son atoût historique : les meilleurs emplacements en centre ville. Si les premiers prix sont conservés, André signe régulièrement des collections avec de jeunes créateurs. L'anniversaire de la marque illustre encore cette volonté de donner leur chance à de nouveaux talents.

 

 

 

commentaires

Participer à la conversation

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.