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L’UGC a mangé la publicité. Et maintenant ?

Avec Carburant
© Vitaly Gariev

Longtemps perçu comme l'antidote à la publicité traditionnelle, l'UGC est devenu son nouveau standard. Les marques n'ont jamais autant produit de contenus créateurs, mais cette industrialisation a un coût : uniformisation des formats, fatigue des audiences et perte de différenciation. Pour continuer à performer, l'enjeu n'est plus de faire de l'UGC, mais de réinventer la manière de le penser.

Ouvrez TikTok. Scrollez trente secondes. Vous tomberez sur une démonstration produit filmée dans une chambre, un témoignage face caméra, un unboxing improvisé sur une table de cuisine ou un “il faut absolument que je vous parle de ça”. Puis sur un autre. Puis sur un autre encore. La publicité de 2026 ressemble à ça. Pendant longtemps, l’User Generated Content a été présenté comme l’alternative à la publicité traditionnelle. Plus authentique, plus crédible, plus proche des usages des plateformes sociales, il promettait aux marques une façon de retrouver l’attention d’audiences devenues expertes dans l’art d’ignorer les messages publicitaires. Mission accomplie. L’UGC n’est plus une alternative à la publicité. L’UGC est devenu la publicité. Et c’est précisément là que commence son nouveau défi.

L’UGC a gagné...

Les chiffres racontent tous la même histoire. La production de contenus créateurs est devenue l’un des principaux leviers d’investissement des marques. Les contenus sont réutilisés sur les réseaux sociaux, amplifiés en paid media, intégrés aux sites e-commerce et déclinés sur l’ensemble des points de contact. L’UGC n’est plus une tactique, c'est le modèle dominant de production publicitaire.

Et les marques ont de bonnes raisons de l’adopter. Les consommateurs accordent davantage de confiance aux recommandations perçues comme authentiques qu’aux discours de marque traditionnels. Les plateformes favorisent les contenus qui ressemblent à ceux publiés par leurs utilisateurs. Quant aux performances, elles continuent de justifier les investissements. CQFD, l’UGC a donc gagné la bataille de l’attention.

Mais comme souvent lorsqu’un format devient dominant, une autre bataille commence : celle de la différenciation.

… mais il a perdu en créativité

Pour autant, le problème n’est pas le format en lui-même, mais l'industrialisation dudit format.

À mesure que le marché s’est structuré, les mêmes recettes se sont imposées partout. Les mêmes “hooks”. Les mêmes structures narratives. Les mêmes réactions spontanées soigneusement préparées. Les mêmes démonstrations produits. Les mêmes promesses d’authenticité. Le phénomène est presque inévitable.

En effet, les créateurs apprennent en observant les contenus qui performent. Les plateformes de production reproduisent les formats qui fonctionnent. Les algorithmes récompensent les codes familiers. Les marques sécurisent leurs investissements en reproduisant les campagnes qui ont déjà fait leurs preuves. Résultat de cette spirale : le format historiquement associé à la spontanéité est progressivement devenu l’un des plus standardisés de l’écosystème publicitaire ! En d'autres termes, l’authenticité est devenue un template. Et les audiences le perçoivent.

Les générations qui ont grandi avec les réseaux sociaux reconnaissent instantanément les mécaniques publicitaires. Elles savent distinguer une recommandation sincère d’un script déguisé. Elles identifient les tics de langage, les structures répétitives et les fausses prises de parole spontanées. L’UGC n’est pas en train de perdre en efficacité parce qu’il est trop présent. Il risque de perdre en efficacité parce qu’il devient prévisible. Le sujet n’est donc plus de produire davantage de contenus. Le sujet est de produire des contenus qui méritent encore l’attention.

« Chez Carburant, cela fait plus de vingt ans que nous produisons du contenu digital pour les marques. Nous avons vu passer les bannières display, les fan pages Facebook, l'explosion de l'influence, l'ère du short vertical. À chaque fois, le même cycle : un format émerge, il surprend, il performe, il attire massivement les annonceurs, puis il se banalise. Et à chaque fois, ce qui distingue les marques qui continuent de performer de celles qui décrochent reste identique. Pas le format. L'intelligence qu'on y injecte. »

Camille Ollier, Founder & CEO de Carburant

Trois pistes pour réinjecter de l’authenticité

Réintroduire de la direction créative

L’une des erreurs les plus fréquentes consiste à considérer l’UGC comme un simple sujet de production. C'est-à-dire : trouver un créateur, envoyer un brief, recevoir une vidéo. Point.

Pourtant, ce qui distingue un contenu performant d’un contenu qui finit aux oubliettes, ce n’est pas la qualité de la caméra ni la longueur du script. C’est la pertinence de l’idée. Le choix du créateur, l’angle du contenu, la compréhension de la communauté ciblée, le ton employé ou encore la construction du hook relèvent en effet d’une véritable démarche créative. Une fois qu'on a compris ça, le casting devient un acte stratégique, le brief devient une conversation et même le hook devient une idée.

Car, à mesure que l’UGC se banalise, la valeur ne réside plus dans la capacité à produire du contenu, mais dans le fait que ce contenu soit culturellement pertinent. Pour y parvenir, il faut comprendre les audiences, les usages et les références qui façonnent leurs comportements. Un algorithme peut rapprocher des profils. Mais seule une agence créative peut rapprocher des univers. C'est même là toute sa légitimité et son utilité.

Un exemple concret. Pour Square Enix, l’agence Carburant a piloté une campagne 100 % UGC sur Final Fantasy XIV. L'agence a casté cinq créateurs gaming français pour leur crédibilité auprès de la communauté, puis dirigé la production de vidéos verticales conçues comme des posts organiques, pas comme des publicités. Résultat : la campagne a surperformé les créations paid traditionnelles sur toutes les métriques. L'authenticité devient un levier de performance parce que le contenu ne ressemble pas à du marketing.

Construire des programmes ambassadeurs plutôt que des collaborations jetables

Le modèle dominant du marché reste largement transactionnel. Une marque sollicite un créateur pour une vidéo. Puis un autre. Puis un autre encore. Cette logique produit du volume, mais rarement de la cohérence. À l’inverse, les programmes ambassadeurs permettent de construire une relation durable avec un groupe restreint de créateurs, sélectionnés pour leur talent, leur personnalité ou encore leur compréhension d’un territoire culturel. Pas nécessairement pour leur audience.

Les recommandations stratégiques du marché vont toutes dans le même sens : investir dans des relations créateurs sur le long terme plutôt que dans des campagnes one-shot (CMI 2025). Les algorithmes récompensent la cohérence. Un créateur qui parle d’une marque pour la troisième fois est plus crédible qu’un créateur qui en parle pour la première et dernière fois.

L’avantage est aussi opérationnel. Un créateur qui connait la marque depuis six mois produit plus vite, propose des idées au lieu d’attendre un brief, capte les codes sans qu’on les réexplique.

En outre, au fil du temps, ces créateurs développent une connaissance intime de la marque. Ils comprennent ses produits, ses communautés et ses codes. Leur discours gagne en naturel parce qu’il s’inscrit dans une relation réelle plutôt que dans une collaboration ponctuelle. On le comprend, l’enjeu n’est plus seulement de produire des contenus ; il s’agit de construire une continuité éditoriale.

Arrêter de fabriquer l’authenticité et commencer à la repérer

Enfin, aussi paradoxal que cela puisse sembler, il existe une ressource encore largement sous-exploitée par les marques : le véritable UGC.

Chaque jour, des consommateurs publient spontanément des avis, des démonstrations produits, des recommandations ou des retours d’expérience sans avoir été sollicités. Sans brief. Sans validation. Sans rémunération. En d'autres termes, le contenu le plus authentique est souvent déjà en ligne.

Le “spotting UGC” consiste alors précisément à identifier ces prises de parole organiques, obtenir les droits nécessaires puis les intégrer aux dispositifs de communication des marques. Cette approche présente une force unique : elle ne cherche pas à reproduire l’authenticité. Elle s’appuie sur elle. Dans un environnement saturé de contenus optimisés, cette spontanéité devient un avantage concurrentiel rare.

Pour conclure, L’UGC va continuer à être le format dominant du marketing digital. Le créateur niche coûte deux cents fois moins cher qu’une célébrité et génère six fois plus d’engagement (Viral Nation 2025). La creator economy en France va quadrupler en sept ans, de 8,1 à 38,6 milliards de dollars (CMI 2025). Le potentiel est immense.

Mais ce potentiel ne se réalise plus tout seul. Le moment où “faire de l’UGC” suffisait pour surperformer est derrière nous. La performance se joue désormais sur la qualité du casting, la profondeur de la direction créative, la durée de l’engagement avec les créateurs, et la capacité à aller chercher du vrai contenu organique en plus du contenu commandé.

C’est exactement ce qu’une agence apporte. Pas un substitut aux plateformes self-service. Un cran au-dessus. La connaissance fine du client. La direction créative. L’orchestration dans la durée. La capacité à combiner les trois leviers au service d’une marque. L'UGC a gagné, maintenant à vous de gagner grâce à lui.


Pour en savoir plus sur l'agence Carburant, c'est par ici !

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