un homme avec des tours derrière

Qui est le nouveau CIO, le Chief Impact Officer des startups ?

© E. J. Hersom

Son plus célèbre représentant n'est autre que le Prince Harry himself. En quoi consiste cette fonction que les startups américaines ont créé à tour de bras en 2021 ? Dernier job à la mode ou réel signe des temps ?

Il n’y a pas si longtemps, la durabilité n’avait pas spécialement la cote parmi les startups – sauf évidemment les startups de la Green Tech. (Encore que toutes ne sont pas aussi green qu’elles le souhaiteraient). Signe des temps, l’apparition des Chief Impact Officers dans les startups les plus matures, dont le plus célèbre représentant est le Prince Harry.

Le CIO, VRP grand luxe

En mars 2021, la startup californienne spécialisée en santé mentale BetterUp le recrutait sous le titre beaucoup moins royal de Chief Impact Officer. Sa mission ? Se faire à l’externe le champion des sujets de santé mentale. Il est consulté parmi les autres fonctions exécutives de l’entreprise lors de la conception de nouveaux produits – et les adoube d’un sceau durable. Le rôle n’est au fond pas si éloigné des devoirs du représentant royal qui se fait le VRP et le directeur RSE de la royauté à travers le monde.

Autre Chief Impact Officer « superstar »  : Lil Nas X qui a été nommé Chief Impact Officer de Taco Bell – l’artiste a été dans une autre vie employé de la chaîne de fast-food. La position est honorifique, son rôle était d’être le visage du programme de bourses d’études des jeunes créatifs de Taco Bell. Par cette nomination « temporaire », on comprend que le CIO est, dans le cas de Taco Bell et de BetterUp, la face publique d’une entreprise auprès du grand public, des consommateurs, mais aussi des collaborateurs.

En France, la licorne Contentsquare s’est offert les services de l’ancienne directrice de la French Tech, Kat Borlongan.

Le CIO, un « Impact Product Manager »

Pour mieux appréhender ces CIO d’un nouveau genre, le média Sifted, qui observe avec acuité pour le Financial Times les écosystèmes européens de l’innovation, a sondé plusieurs Chief Impact Officers qui permettent de saisir le caractère polymorphe de la fonction.

Sudhanshu Sarronwala est Chief impact officer de la startup d’AgTech Infarm. L’entreprise s’est spécialisée dans l’agriculture verticale, cette culture de fruits et légumes dans des tours, parois ou structures verticales. Interrogé par Sifted, le CIO estime que sa fonction oscille entre le business, les partenariats et la communication. Sa première tâche, raconte-t-il, a été de mesurer l’impact carbone du modèle de l’entreprise : de la consommation d’eau et de terre que nécessite l’indoor farming aux émissions carbone causées par le transport du produit, de la serre à l’assiette du consommateur. Il est donc aussi une espèce de Product Manager qui aurait une conscience écolo.

Champion de la RSE en interne... et en externe

Garrett Griffith est, lui, une hydre à deux têtes : il a été à la fois Chief Impact Officer et Chief Risk Officer de Habito (une startup spécialisée dans le courtage hypothécaire). À ses yeux, son rôle consiste à sensibiliser les collaborateurs à l’impact écologique – et ainsi faire d’eux des champions en interne de la RSE. Il a également mis en place un « comité de l’impact », un groupe de 6 exécutifs (dont les directeurs marketing, communication et ingénierie de l’entreprise). Ensemble, ils dessinent la stratégie RSE.

Sifted cite encore l’exemple de Sianne Haldane, CIO de Maanch, une jeune pousse britannique qui édite une plateforme data. Dans son cas, charge à elle de sensibiliser les clients de Maanch aux sujets RSE… pour mieux leur vendre la solution de mesure de l’impact carbone de l’entreprise.

On l’a compris : ce nouveau métier dépasse l’effet de mode, il répond à un besoin réel : dans une étude de Heidrick & Struggles et l'Insead sur la perception et la prise en compte du changement climatique par les conseils d'administration, 75 % des administrateurs déclarent que ce changement est « très important, voire critique pour la réussite stratégique de leur entreprise ». Mais il prend aussi différentes formes en fonction des entreprises. Si le CIO à l’américaine n’est pas une « espèce » particulièrement répandue, une version se développe particulièrement dans les entreprises du CAC 40. Son nom ? Directeur de l’engagement d’entreprise. Mais c’est encore une autre histoire.

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