Coucher de soleil sur un lac

Les entreprises françaises sur le podium mondial de la RSE

© Paul Hartley - Getty

Sylvain Guyoton, senior vice-président de EcoVadis et Pierre Pelouzet, médiateur des entreprises, présentent les résultats de la 4ème édition de l’étude « Performances RSE des entreprises françaises et européennes – comparatif OCDE et BRICS ».

S’appuyant sur plus de 80 000 évaluations RSE anonymisées entre 2015 et 2020 auprès d’environ 50 000 entreprises dans le monde, l’étude confirme la 3ème position des entreprises françaises en matière de management RSE ainsi que leur engagement croissant en faveur de l’achat responsable.

La quatrième édition de l’étude Médiateur des entreprises – EcoVadis « Performances RSE des entreprises françaises et européennes – comparatif OCDE et BRICS » permet de tirer les enseignements de six ans d’évaluations RSE d’entreprises de toutes tailles (2015-2020) mais aussi d’observer statistiquement les évolutions sur 2020, première année de pandémie, en comparaison à 2019. Cette étude repose sur l’analyse statistique des scores d’évaluations en RSE anonymisés de près de 50 000 entreprises. Les données recueillies ne permettent pas d’observer les effets de la crise de la Covid sur l’état de la relation client-fournisseur. Les tendances sont en effet stables entre 2019 et 2020. La mise à disposition du jeu de données EcoVadis Index 2022 permettra de comparer les comportements des entreprises en 2020 et 2021 afin d’identifier d'éventuels effets sur la relation client-fournisseur lors de la crise sanitaire et économique.

Les entreprises françaises confortent leur position sur le podium mondial de la RSE

Ces dernières années, la France a amélioré son classement jusqu'à monter sur le podium mondial en 3e place en 2019. Les résultats 2020 confirment cette troisième place, au coude-à-coude avec les entreprises basées au Royaume-Uni, en Suède, et c’est nouveau, en Italie.

Au niveau mondial, sur l’ensemble de l’échantillon Union européenne / OCDE / BRICS, les entreprises françaises, toutes tailles confondues, se classent juste derrière la Finlande (1e) et la Suède (2e). L’Allemagne (15e), premier partenaire commercial de la France, se situe juste en dessous du niveau de la moyenne OCDE (14e). Les États-Unis accusent un retard plus important en se plaçant à la 25e place. Les BRICS concluent le classement malgré des améliorations de leurs moyennes.

Les entreprises françaises détiennent aussi la première place mondiale, et a fortiori européenne, sur le thème social & droits de l'Homme. Elles sont également dans le top 3 des meilleures performances 2020 observées sur les pratiques achats responsables.

Le score global France de 54,3/100 est qualifié de niveau « adapté » selon l’échelle EcoVadis. Il est supérieur aux moyennes de l’UE (52,5) et de l’OCDE (51) en global et pour toutes les tailles d’entreprises. Les scores RSE des grandes entreprises (58) et des PME/ETI (53,7) françaises sont supérieurs à ceux de l’UE, respectivement de 52,8 et 52,5.

De 2015 à 2020, la France connaît une des meilleures progressions dans l'Union européenne, derrière 4 pays qui sont en train de combler activement leur retard : Italie (53,6), Belgique (52,9), Espagne (52,9) et Allemagne (50,4). Comme en Italie, en Allemagne et aux Pays-Bas, les progressions en France s'observent autant sur les grandes entreprises que sur celles de moins de 1000 salariés.

Cette étude montre encore une fois l’engagement important des entreprises françaises dans le domaine de la RSE. Acheter auprès d’une entreprises française, c’est acheter un niveau de RSE de classe mondiale, c’est acheter responsable. La prise en compte du critère achats responsables est importante car, même si cet aspect de la relation économique reste encore peu mis en avant, c’est encore la France qui montre la voie dans ce domaine. Il y a donc toujours une marge de progression.

Pierre PELOUZET, médiateur des entreprises

Les entreprises européennes, les plus avancées en matière d’achat responsable

La répartition par pays au sein de l’Union européenne permet de constater qu’une part grandissante d’entreprises « locomotives » a déjà atteint le niveau de performance « exemplaire » (65/100), soit sur l’ensemble des thèmes (environnement, social et droits de l’Homme, éthique et achats responsables), soit sur des enjeux sociaux et environnementaux. Ainsi, 19 % des entreprises dans l’Union européenne évaluées en 2020 ont un niveau exemplaire pour les enjeux environnementaux et 21 % pour les enjeux sociaux, 13 % au niveau global. En France, ces entreprises « locomotives » représentent déjà 19 % du total, ce qui a un impact positif. Elles sont en effet de plus en plus à être en capacité de tirer les autres vers le haut.

La France assure un rôle moteur pour l’enjeu des achats responsables. Elle dispose ainsi d’un atout supplémentaire pour faire adopter la directive sur le devoir de vigilance en matière environnementale et de droits humains dans les chaînes de valeur. L’objectif ? Démontrer qu’un modèle économique européen est possible, basé sur une transformation responsable des entreprises à l’échelle de leurs réseaux et partenaires.

En matière d'achats responsables, parmi les trois grandes régions du monde étudiées, l’Union européenne est clairement en tête avec 42,4 points en 2020… même si ce score demeure très bas au regard des enjeux. Les pays européens concentrent aussi les plus forts taux d’entreprises « locomotives » par pays, constituées pour l’essentiel de grandes entreprises. Ces résultats reflètent les développements réglementaires avancés qui se produisent sur la diligence raisonnable de la chaîne d'approvisionnement et l’importance du levier achats responsables, aussi bien pour les acteurs du public que du privé.

Du score Achats Responsables au Parcours National Achats Responsables 

Une entreprise ne devient pas championne en achats responsables du jour au lendemain : la notion de parcours est plus pertinente, car elle met en avant la nécessité d’efforts continus. Cette idée de démarche qui s’installe dans la durée, par étape, est justement l’esprit du nouveau Parcours national des achats responsables co-piloté par le Médiateur des entreprises et le Conseil National des Achats (CNA). Porté par les pouvoirs publics, ce parcours est adossé à la norme ISO 20400 et vise à accompagner les organisations qui s’y engagent.

Les signataires de la nouvelle charte Relations Fournisseurs et Achats Responsables sont ainsi encouragés à s’engager dans une démarche aboutissant à l’obtention du Label « Relations Fournisseurs et Achats Responsables » (RFAR). L’objectif consiste ainsi à garantir des achats « à impact positif », au sens de la définition de la norme d’orientation ISO 20400 : « les achats dont les impacts environnementaux, sociaux et économiques sont les plus positifs possibles sur toute la durée du cycle de vie ».

Ces résultats reflètent la dynamique très positive dans laquelle sont engagées les entreprises françaises. Leurs efforts sur les thématiques RSE s’inscrivent dans la durée, les entreprises françaises gèrent leurs enjeux RSE de manière de plus en plus structurée. En matière d'achats responsables, parmi les trois grandes régions du monde étudiées, l’Union européenne est clairement en tête en 2020… même s’il reste encore beaucoup de progrès à faire, les entreprises françaises et européennes continuent de montrer leur leadership sur ce sujet qui fera l'objet d'une directive européenne en 2022.

Sylvain GUYOTON, senior vice-président recherche d’EcoVadis.
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