Immeuble avec de la verdure

« Bilan carbone et transition écologique, seules 2 entreprises sur 10 s’engagent »

© Tom Fisk - Pexels

Obligatoire pour les entreprises depuis la loi de transition énergétique pour la croissance verte, effectuer son bilan carbone devient un enjeu stratégique pour l’entreprise. Greenly s’est penché sur le sujet et a interrogé 272 entreprises de toute taille dans l’hexagone. Quels bilans et leçons à tirer ?

Greenly, vient de publier son dernier baromètre du bilan carbone sur les entreprises. Celui-ci permet d'éclairer les entreprises soucieuses de s'engager concrètement pour le climat, et de les aider à saisir les nombreux bénéfices que le Bilan Carbone représente pour elles. L’étude*, réalisée en 2021 sur un échantillon de 272 entreprises de toute taille (de la TPE au grand groupe), offre une perspective sur les engagements des entreprises en faveur du développement durable.

Une démarche relativement récente

Malgré son caractère obligatoire, seulement deux répondants sur 10 ont déjà réalisé un bilan carbone, ce qui témoigne d’un retard conséquent sur ce volet. Au cours des trois dernières années, 7 entreprises sur 10 en ont réalisé un dont la majorité sont des grands groupes et des PME. La majorité des entreprises analysent généralement trois scopes :

  • Scope 1 : émissions directes à effet de serre (chauffage des locaux, carburant de la flotte automobile de l'entreprise, etc)
  • Scope 2 : émissions indirectes liées à l'énergie (production de l'électricité comme la combustion d'une centrale à gaz par exemple)
  • Scope 3 : autres émissions indirectes (très large car comprend la majorité des émissions liées à l'activité d'une entreprise comme les achats de marchandises, de matières premières ou de services, les déplacements domicile-travail des salariés, etc)

Des premiers résultats encourageants

Le baromètre révèle une réelle prise de conscience des enjeux environnementaux puisque 80 % des entreprises souhaitent réaliser un bilan carbone. Cette volonté est étroitement liée à la taille de l’entreprise : 88 % des grands groupes en font un contre seulement 35 % des TPE. La majorité des entreprises ayant déjà réalisé un bilan carbone souhaitent renouveler annuellement cette démarche pour apporter davantage de transparence à toutes leurs parties prenantes et agir concrètement avec une trajectoire Net Zero.

Si l’urgence climatique est la principale motivation évoquée pour 35 % des entreprises, les grands groupes en réalisent un pour faire suite à la demande des investisseurs, d'actionnaires ou même de salariés de l'entreprise, soucieux de travailler dans une structure qui s'engage concrètement. L’image de marque de l’entreprise se place en deuxième position.

Pour assurer la réalisation des plans d’actions, les entreprises peuvent s’appuyer sur l’engagement de leurs salariés. C’est ainsi que les sensibiliser est l’une de leurs premières stratégies, suivi de la responsabilisation des fournisseurs (via une charte d’exigences) et sur la mobilité durable.

Des freins identifiés

Trois facteurs identifiés freinent la réalisation d’un bilan carbone dans les plus petites structures : le budget, le temps et l’effectif.

Sur le volet budgétaire, les TPE et les PME consacrent entre 3,000 et 6,000 euros pour la conduite d'un Bilan Carbone sur les scopes 1, 2 et 3, contre plus de 15 000 € pour les grands groupes. Par manque d’effet direct sur l’activité économique, 43 % des TPE ne réalisent pas de Bilan Carbone aujourd'hui pour des raisons budgétaires.

Perçu comme une activité chronophage, le manque de temps et d’équipes affectent la démarche. La majorité des entreprises (43 %) prennent plus d'une semaine à renseigner leurs informations, ce qui freine considérablement de nombreuses entreprises soucieuses de s'engager et de franchir le pas.

De nombreuses attentes et motivations

La réalisation d’un bilan carbone n’est pas suffisante pour ¾ des répondants. Celles-ci souhaitent bénéficier d’un accompagnement à plus long terme afin d’élaborer un plan précis d’actions et de structures pour les accompagner. Cette démarche leur permettrait de réduire significativement leurs émissions de CO2 sur le plan des transports, de l’électricité et de leur efficacité énergétique.

Pour motiver davantage les entreprises, 55 % d’entre elles estiment que l’obtention d’une certification ou d’un label les encouragerait à s’engager et changer certaines de leurs pratiques. Uniquement ⅓ des entreprises qui ont réalisé leur bilan carbone disposent d’une labellisation de type ISO 26000.

commentaires

Participer à la conversation

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.