Bagues en or

Mara & Villosa recycle des appareils électroniques en bijoux en or

© SolStock

La marque de bijoux hollandaise revalorise les déchets d'équipements électroniques en bijoux en or, certifiés 100 % économie circulaire.

Lancée en 2018, Mara & Villosa est fondée par l’anthropologue Pascale Veerling et l’orfèvre Judigje van Emmerik. Leurs bijoux sont certifiés 100 % or et se distinguent car leur matière première n'est pas sourcée dans des zones de conflits. En effet, la production de ses bijoux résulte du recyclage de l'or présent dans les déchets d'équipements électriques et électroniques (DEE).

Alors qu’il faut 300 téléphones pour faire une bague chez Mara & Villosa, la marque inscrit son activité dans une logique circulaire en phase avec les convictions de sa fondatrice. En effet, l'idée de revaloriser les bijoux est née d’un voyage de Pascale Veerling au Pérou. Là-bas, l’anthropologue découvre les conditions de travail des mineurs sauvages, souvent des enfants, dont l'exploitation ne transparaît pas dans la commercialisation du minérau.

Ainsi, après avoir étudié l’impact social des mines sauvages d’or au Pérou, Pascale décide de s'engager contre le commerce non équitable à son échelle et crée la Fair Gold Foundation en 2017. Cette association a pour but de sensibiliser le grand public à l’extraction toxique du minéral précieux. C'est aussi en réponse à ce voyage qu'elle s'associe avec Judigje van Emmerik afin de créer Mara & Villosa.

Rien ne se perd, tout se transforme 

En France, selon le Ministère de la Transition écologique, 600 000 tonnes de DEE sont traitées tous les ans. Selon Novethic, média spécialisé dans l’économie responsable, le nombre de DEE aurait augmenté de 21 % en France depuis 2014, alors qu'ils représentent 57,4 millions de tonnes cette année. Selon le Global E-waste Monitor 2020, qui offre un suivi mondial des quantités et des flux de déchets électroniques, en 2019, en France, chaque habitant générait en moyenne 21 kg de déchets électroniques par an.

Selon Dr Ruediger Kuehr, directeur du programme Cycles durables (SCYCLE) de l'ONU, on peut trouver, dans 1 million de téléphones portables, plus de 24 kg d'or, 350 kg d'argent, 14 kg de palladium et 16 000 kg de cuivre. Ces dernières années, avec l'avènement du travail, les besoins en matériel informatique n'ont cessé d’augmenter, entraînant dans leur élan des pénuries d’approvisionnement de matières premières.

Aujourd'hui, recycler ses DEE revient à participer à une action citoyenne qui s’inscrit dans un enjeu encore plus global pour les entreprises et la société. En 2020, la loi n° 2020-105 relative à la lutte contre le gaspillage et à l'économie circulaire met en place un indice de réparabilité de ces déchets. Notée sur dix, l’obsolescence d’un DEE est évaluée, entre autres, par rapport au prix et à la disponibilité des pièces détachées, et au caractère démontable de l’appareil.

L’orpaillage au prix social et écologique colossal

Selon le Conseil Mondial de l'Or, les activités liées à l'orpaillage mondial ont apporté 81,3 milliards de dollars en 2013. La même année, le nombre total d’emplois dans le monde qui résultaient du secteur aurifère s'élevait à environ 4,2 millions.

L'extraction aurifère est possible partout dans le monde mais c'est la Chine qui, en 2016, a extrait 13 % de l'exploitation mondiale, soit 455 tonnes. Toujours en 2016, selon l'association à but non lucratif allemande Sauvons la Forêt, 7,5 % de l’or extrait mondialement fut utilisé dans le secteur électronique pour la fabrication de téléphones portables et d'ordinateurs.

Alors que ce minéral est considéré comme noble, on ne peut pas en dire autant de son extraction. Afin d'obtenir quelques grammes d’or, des massifs montagneux contenant les pastilles d'or doivent être brisés, pulvérisés puis tamisés. Selon Sauvons la Forêt, une tonne d’or nécessite le concassage de trois millions de tonnes de matières rocheuses. Le problème de l'orpaillage réside ainsi dans la déforestation qui découle des terrains creusés pour être exploités.

Enfin, les conséquences de l'exploitation aurifère sont lourdes sur les petits orpailleurs. En effet, présent sous forme de poussière, l'or nécessite d'être lié avec une solution de mercure. Ce procédé, en plus d'utiliser du cyanure dans les carrières à ciel ouvert, émet des vapeurs toxiques pour l'Homme et attaque les fonctions rénales et le système nerveux. Les mines d'exploitation peuvent aussi entraîner des problèmes respiratoires dûs aux volutes de poussière constamment présentes sur les sites.

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