Favelas au Brésil

« Favelas 4D » : repenser les infrastructures urbaines à l'aide d'une technologie de balayage laser

© Lindrik

Le Senseable City Lab de l’université de MIT, un consortium de chercheurs et entreprises, met au point une technologie de laser 3D pour permettre de scanner le plan d’une ville en 3D, ici dans les favelas de Rio. Ce projet souhaite repenser les infrastructures urbaines, en rendant les villes moins encombrées, moins polluées et plus économes en énergie.

Digitaliser la cartographie

Mis au point par le Senseable City Lab de l’Institut de technologie du Massachusetts, « Favelas 4D » est un projet de cartographie digitale de Rocinha, la plus grande favela de Rio de Janeiro

S’appuyant sur une technologie de balayage laser 3D, ce projet a pour but d’établir un plan des rues souvent encombrées et non-officielles du bidonville, de les réaménager, afin de reconstruire des infrastructures appropriées. En effet, d’après le Senseable City Lab, sur les 60,2 km de chemins enregistrés par le consortium, seuls 23 % sont enregistrés sur le Street View de Google Maps.

Cela pose problème dans l'émancipation de ses habitants. En effet, selon Google, un habitant de Rio sur cinq vit à Rocinha, soit plus de 1,4 million de personnes. Cela signifie que ces derniers n'ont pas d'adresse à indiquer sur leurs demandes d'emploi ou leurs comptes bancaires.

Ainsi, ce projet s’inscrit dans l’amélioration des conditions de lieux de vie des résidents de Rocinha. Alors que la favela se situe sur les pentes abruptes de la colline de la Ponta das Andorhinas, le traitement et l'élimination des déchets reste un des plus grands défis d’urbanisme. Favelas 4D souhaite ainsi réaménager les routes afin d’améliorer les réseaux d’eaux et restaurer la sécurité de cette zone facilement inondable. Cette opération servira par ailleurs, dans le long terme, à construire des hôpitaux et à mettre en place un réseau d'électricité.

Balayage 3D : kézaco ? 

C’est à l’aide d’un faisceau de laser que le balayage capture numériquement la forme d'objets physiques. Les scanners lasers 3D créent ainsi des nuages de points de data qui permettent de modéliser les bâtiments à partir de leur surface.

La technologie de Favelas 4D permet ainsi de conceptualiser un objet en mettant en place des procédés d’ingénierie inverses : obtenir les points de vue dimensionnels et spaciaux de l’objet avant de le construire. Dans le cas de Favelas 4D, cette technologie digitale permet de mesurer la distance entre les bâtiments, leur hauteur mais aussi de cartographier avec précision la topographie des différents quartiers.

Le balayage 3D permet par ailleurs une simulation sur ordinateur des points de data enregistrés. Cela permet, plus tard, dans l’ajout de nouveaux éléments de faire le pont entre la réalité et la version digitalisée des objets.

Redonner vie aux favelas

Les favelas de Rio de Janeiro sont parmi les bidonvilles les plus célèbres du monde. À l’origine, Rocinha était un quartier réservé aux esclaves des riches marchands de la capitale brésilienne. Puis, au fur et à mesure, les occupations informelles de la classe ouvrière ont rapidement transformé l'ancienne zone rurale en un noyau urbain dense. Aujourd'hui, plus de 100 000 habitants forment une « seconde ville » dans la ville de Rio.

Bien que les questions de sécurité au sein des favelas persistent, le programme de pacification des autorités de Rio de Janeiro s'accompagne de l'intégration dans la ville des quartiers nouvellement pacifiés au travers d'investissements publics. Depuis une dizaine d'années, le gouvernement brésilien a mis en place des programmes d'auto-assistance pour faire face à la densité des favelas. À travers ces derniers, les habitants reçoivent des outils de construction et une formation basique afin d’améliorer leurs habitations.

Par ailleurs, des prêts à faible taux d'intérêt ont été mis en place afin d’aider les habitants des favelas à financer ces changements. Enfin, en 2020, le gouvernement brésilien a mis au point un mécanisme juridique qui permet aux habitants des favelas d’obtenir la propriété légale du terrain sur lequel ils vivent.

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