Chèvre dans un pré avec des collines en second plan.

Goat Green : des chèvres à la rescousse des terres incendiées

Les images de forêts rougeoyantes sous la chaleur des incendies ne se font plus rares aux JT du mois d’août. Ces catastrophes naturelles laissent derrière elles une terre de désolation. Aux États-Unis, dont l’ouest est en proie à de violents incendies tous les ans, Goat Green a trouvé une solution : l’éco-pâturage avec des chèvres.

Manger pour protéger

Lani Malmberg fonde Goat Green en 1996 avec pour mission d’aider les gouvernements locaux et les propriétaires terriens à la prévention des incendies, au développement des herbes indigènes et à la reconquête des terres dévastées. Son entreprise tire parti des incendies de plus en plus nombreux dans l’ère du réchauffement climatique. La sécheresse inhérente des terrains battus par le feu et le vent augmente le risque d’ignition. L’appétit des chèvres entre alors en jeu et devient un élément clé pour raviver les sols. Une fois digérés, leurs déchets restituent de la matière organique aux sols et augmentent leur capacité à retenir l’eau. Le piétinage des centaines de sabots aide, par ailleurs, à aérer et stabiliser les sols.

Loin de l’affreux destin de Blanquette, la chèvre de M. Seguin, les chèvres de Cachemire de Lani Malmberg sont retenues en enclos fermés, conçus juste sur mesure avant leur arrivée. Petit bonus, elles ne sont pas envoyées à l’abattoir mais restent toute leur vie au sein de leur meute. Goat Green élève ainsi sa 27e génération.

Une gestion environnementale aux coûts faramineux

Selon le ministère de l’Intérieur américain, en 2018, le coût des mesures de lutte contre les incendies dépassait 400 millions de dollars. En 2019, près 1,6 milliards de dépenses fédérales furent engagées en réponse aux feux de friches.

Goat Green est née de l’évolution technique de prévention d’incendies que Lani Malmberg a développée pendant ses études supérieures. Elle avait acheté ses 100 premières chèvres il y a plus de 20 ans, aujourd'hui sa meute a grandi pour atteindre 1500 chèvres. L’entreprise facture ses clients en moyenne 5000 dollars pour déployer son armée d’herbivores. La fondatrice a donc réussi son pari : développer une activité eco-friendly palliant les coûts des nouveaux enjeux du réchauffement climatique.

Un savoir à transmettre

En parallèle de ses services, l’éleveuse de caprins offre ses connaissances de gestion de territoires à des gouvernements locaux à travers la Goatapelli Foundation, une organisation à but non lucratif. Créée en 2020, celle-ci offre des camps d’entraînement et séminaires à d’autres propriétaires terriens qui leur permettent de commencer leur propre entreprise de pâturage réglementé. Les participants du Goatapelli Foundation sont ainsi amenés à appréhender le pastoralisme et à se familiariser avec le potentiel, les dangers et les clients de l’écopâturage. Enfin, cet enseignement permet une transmission de pratiques biologiques viables et durables à travers une agriculture écologique et régénérative.

En France, l’élevage caprin ne se limite pas qu’aux dégustations du Picodon ou de la Brousse et son engagement dans la prévention des incendies est en forte demande dans les territoires du Sud-Est.

premium2
commentaires

Participer à la conversation

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.