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Google veut réduire la fracture numérique en Afrique avec Alphabet X

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Alphabet X – précédemment Google X – développe un accès internet haute vitesse via des faisceaux de lumière pour combler le fossé numérique entre Brazzaville (République du Congo) et Kinshasa (République démocratique du Congo).
 

Éclairer pour connecter

C’est au cœur du Projet Taara, tiré du nom de la déesse estonienne de la lumière, qu’est développé le Free Space Optical Communications (FSOC) – traduit « Communications Optiques en Espace Libre ». Cette technologie permet la transmission d’un réseau internet à travers des faisceaux de lumière étroits et invisibles sans besoin d’infrastructures coûteuses. Alphabet X, la division expérimentale de Google qui chapote le projet, développe ainsi la FSOC en tirant profit de la connexion sans fil afin d’améliorer l’accès à internet en Afrique subsaharienne. Elle fonctionne sur le même principe que le réseau de fibre optique, les faisceaux de lumière remplaçant les câbles transportant habituellement les données internet.

Cette technologie avait été testée pour la première fois dans le cadre du projet Loon, dans lequel des ballons en polyéthylène avaient été envoyés dans la stratosphère afin d’élargir la couverture du réseau internet. Maintenant démantelé par Alphabet X à cause de son manque de rentabilité, le projet Loon était né du constat que la portée des antennes de diffusion pouvait être étendue en se rapprochant de l’espace. Ainsi, le projet Taara fut créé afin de connecter des régions éloignées entre Brazzaville et Kinshasa mais aussi pour offrir un réseau à des prix abordables. En effet, alors que les deux villes ne sont qu’à 5 km de distance, accéder à internet avec des câbles aurait augmenté de cinq fois le prix du débit. Niveau connectivité, la connexion sans fils mise au point par Alphabet X a déjà permis d’assurer 700 téraoctets en 20 jours avec une disponibilité de 99.9 %.

Une connectivité abordable

Afin de mettre en place un service internet à haut débit dans toutes les collectivités de la région, Alphabet X travaille en partenariat avec Econet Group et Liquid Telecom. Econet et Liquid Tech sont toutes deux des conglomérats d’origine africaine qui s’emploient à établir et à entretenir les réseaux internet et téléphoniques sur différents continents.

Les liaisons du projet Taara offrent un moyen abordable et rapidement déployable d'apporter une connectivité à haut débit en zones reculées. D’un point de vue technique, elles permettent de combler les lacunes de certaines antennes d’émission tels que les points d'accès Wifi. D’un point de vue purement social, elles permettent à des milliers d’individus d’accéder aux avantages du web en matière d'éducation, de commerce et de communication.

La division de projet expérimental de Google souligne cependant que des interruptions peuvent avoir lieu lorsqu’un oiseau passe à travers le faisceau ou que les conditions météorologiques ne sont pas idéales. Pour palier à cela, Alphabet X a annoncé que des technologies d'ajustement des lasers étaient en cours de développement.

Accès ou service universel ?

Alors que la fracture numérique se réduit en Afrique, l’universalité de l’accès à internet est loin d’être atteinte. En effet, aujourd’hui quatre éléments majeurs présentent des freins au développement de la connexion internet en Afrique : la disponibilité des infrastructures, le manque de connaissances techniques, l’abordabilité du réseau et enfin des considérations politico-culturelles variées. Par ailleurs, avec un parc de clients plutôt restreint, le coût des infrastructures pour la création d’un réseau internet et son déploiement impactent fortement la qualité mais aussi la quantité du réseau.

Aujourd’hui, 29 % des Africains ont internet contre 45 % en Asie. Alors que le trafic mondial du réseau internet devrait croître à un taux composé de 24 % par année, le projet Taara s'engage ainsi contre l'exclusion numérique et devient un élément essentiel de la réduction du fossé numérique de l’Afrique.

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