Un homme enlève une batterie d'un véhicule électrique.

Kyburz invente un démanteleur de batterie automobile écoresponsable et sans risque

© Joebelanger

L'entreprise suisse recycle les batteries de voitures électriques sans « shredding » , un processus dangereux et polluant.

La longévité de vie d’une batterie électrique ne se limite pas à la fin de son activité énergétique. En effet, elle peut être rallongée à travers sa réutilisation dans des véhicules à consommation énergétique faible tels que des scooters ou encore des panneaux solaires.

Ça, Kyburz l’a compris. Cette entreprise produit ses propres batteries de véhicules électriques et les recycle dans un procédé respectueux de l’environnement. En prenant conscience du coût des impératifs de recyclage dans la conception des batteries de voitures électriques, la boîte zurichoise s’est lancé le défi d’allier recyclage et rentabilité. Ainsi l’action écoresponsable de l’entreprise se fait sur deux niveaux : la composition de ses batteries ainsi que sa technologie de démantèlement.

La composition de ses batteries

Sur papier, la voiture électrique fait rêver. Pourtant, en son sein, la batterie fait plus de dégâts qu’elle en a l’air. Le problème de cette dernière réside en sa composition. Pour fonctionner, une batterie a typiquement besoin d’une anode et d’une cathode, les pôles plus et moins, qui sont les conducteurs électroniques qui permettent le passage de l’électricité dans la batterie.

Seulement, les éléments qui permettent le fonctionnement de ces conducteurs sont connus pour leur teneur en matières non renouvelables tels que le cobalt, le lithium ou encore le manganèse. Pour pallier l’usage abusif de ces ressources, les batteries de type LFP, pour Lithium-Fer-Phosphate, font appel à des éléments plus écoresponsables et s’affranchissent du cobalt et du nickel.

Ainsi, c’est pour un impact moins important sur l’environnement que Kyburz fait le choix d’utiliser des batteries LFP qui, à la différence des batteries traditionnelles, dites de « lithium-ion », sont moins polluantes à fabriquer.

Un procédé de recyclage innovant et sans danger

En deuxième temps, Kyburz redonne vie à ses batteries dans un procédé qui évite le « shredding », ou le déchiquetage des batteries.  

Le « shredding » transforme l’ensemble de la batterie en une marinade de déchets. Par opposition à cela, le procédé de recyclage de Kyburz sépare les conducteurs électroniques de la batterie et récupère 90 % des éléments chimiques de la cathode qui sont alors réutilisés dans de nouvelles batteries.

Par ailleurs, le « shredding », ce procédé classique de recyclage, peut être dangereux et produire des fumées nocives à l’environnement. Concrètement, une mauvaise gestion du recyclage des batteries aboutit à leur traitement généralisé, ce qui peut, en retour, exacerber les externalités négatives du processus de déchiquetage.

Enfin, le déchiquetage est loin d’être lucratif. En effet, le coût de décharge et de traitement de ces batteries retombe sur les producteurs tels que Kyburz. À la fin de la chaîne, l’ironie du sort : les éléments minéraux précieux recyclables des batteries se retrouvent enfouis, à l’image d’ordures.

Le véhicule longue distance : pas si écoresponsable

Offrant une alternative aux processus de recyclage traditionnels, ces batteries LFP viennent petit à petit à se démocratiser sous le plancher de nos voitures. Cependant, elles posent quelques limites à l’usage des voitures électriques. En effet, celles typiquement produites par Kyburz sont modelées pour des petits véhicules, adaptés pour des courts trajets dans les villages suisses.

Alors que de grands producteurs automobiles tels que Tesla se sont déjà tournés vers les batteries LFP, plus respectueuses de l’environnement et moins coûteuses, ces dernières présentent une faible densité énergétique, qui, en un mot, freine leur endurance sur la distance. Il faudra donc attendre la création de batteries LFP au voltage plus élevé pour se permettre une voiture électrique pleinement écoresponsable.

À propos de Kyburz

Kyburz Switzerland SA est un producteur de véhicules électriques qui se spécialise dans les solutions de mobilité écoresponsable. Son modèle économique, qui se base sur l’économie circulaire, remet en question les pratiques de production dans le monde automobile. À travers ses missions, Kyburz met en exergue la possibilité d’allier développement durable, savoir-faire et rentabilité.

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