Trail en montagne

Wise Trail Running, des équipements sportifs éco-responsables qui durent dans le temps

© Wise

Concevoir un vêtement de sport de haute qualité et éco-responsable était l’ambition de Wise, créée par Axelle et Guillaume, deux traileurs aguerris. Un pari tenu par la jeune marque annécienne, aujourd’hui recommandée par une communauté entière de pratiquants du trail. Explications.

Guillaume et Axelle se sont rencontré il y a 6 ans lors d’un trail en Nouvelle-Calédonie, un sport qui les lie tous les deux. Cette passion rythme d’ailleurs leur vie depuis le début : Axelle glanait tous les podiums locaux à l’époque et Guillaume pratiquait énormément de son côté également. « On a même fait un trail de 310 km au Népal, c’est vraiment notre socle commun. Quand tu pratiques ce sport, tu as un contact privilégié avec la nature et tu as envie de la préserver », raconte Guillaume. « Mais la pratique t’oblige à renouveler régulièrement tes tenues, ce qui, au final, pollue » . Il fallait donc créer un vêtement qui dure dans le temps et plus respectueux de l’environnement. Et ils l'ont écrit noir sur blanc sur le site de la marque : « Nous sommes Axelle et Guillaume, deux amoureux de trail running. Mais nous n'étions plus d'accord avec ce que nous lisions sur les étiquettes de nos vêtements. Alors, nous avons décidé de créer les tenues de nos rêves !  ».

Guillaume et Axelle, créateurs de la marque Wise

Concilier vêtement technique et écologie

L’idée de la marque Wise et de son short Sherpa est partie de là. « On s'est posé cette question : "comment s'équiper de manière éco-responsable ? " Sur le marché, deux types de marques existent : les marques techniques, spécialistes comme Salomon, Slab... allant d’une gamme spécialisée à une gamme premium ; ou encore des vêtements éco-responsables mais pas du tout techniques, comme ceux créés par Patagonia, par exemple » . C’est alors que l’idée d’un équipement qui combine technicité et écologie commence à germer dans la tête du couple. Et le choix des matières utilisées s’est rapidement posé en écartant la possibilité de matières recyclées : « Le plastique recyclé est un paradoxe dans le sens où on ne peut pas recycler à l'infini un plastique. Donc en fin de cycle, c’est un déchet » , justifie Guillaume. « On s’est donc d’abord concentré sur les avantages des fibres naturelles. Mais il n’y en a quasiment pas. Elles ne sont pas décarbonnées, elles sont peu résistantes, lourdes, et n’évacuent pas bien l’eau. Si tu as le malheur de te retrouver face au vent en haut d’une crête et d’avoir bien transpiré avant, tu risques de choper la crève » , s’amuse-t-il. « Comme les matières synthétiques sont beaucoup plus résistantes, on a étudié les propriétés d’un polymère qui, structuré d’une certaine façon, est biodégradable. Notre choix s’est donc porté sur ce tissu qui une fois enfoui sous terre va se dégrader en déchet organique » . Une avancée indéniable dans l’industrie textile, deuxième industrie la plus polluante. Toutefois, la seule partie externe du short est biodégradable, la partie interne ne l'est pas et fera l’objet d’une seconde analyse à l’avenir.

Caroline Chaverot, ultra-trail runner
Dawa Sherpa, ultra-trail runner

Conception locale

Afin de concevoir le short, le couple a opté pour une conception 100 % Auvergne-Rhône-Alpes, un des plus gros bassins textiles de France. Et c’est dans l’ancienne soierie Payen que la tenue a été conçue. « L’entreprise s'est spécialisée dans la conception de vêtements techniques en développant des tissus chaîne et trame bi-extensibles » , explique Guillaume. « On a choisi une conception locale, mais ça a un coût considérable quand on sait qu’au Vietnam le salaire mensuel est de 120 euros. Ici, on paie nos couturières 1 600 euros par mois » . Ainsi, après une étude de marché, le lancement d’un financement participatif en février 2019, trois confinements, la construction du produit se fait finalement en co-création avec une communauté de 2 000 traileurs. Des échanges réguliers avec eux ont permis aux deux créateurs d’avoir une idée précise de leurs attentes en termes de design et d’ergonomie. Aussi, une fois le prototype validé par la communauté en janvier 2021, ils recevaient près de 900 candidatures pour le tester. Le short est donc multi-poches et peut contenir une flasque d’hydratation d’1,5 L, des snacks, des clés et un téléphone, le tout au niveau de la ceinture, tout en restant confortable. Le coût du short sorti d’usine est de 89 euros et il est vendu 139. « On ne fait pas une grosse marge, mais désormais nous pouvons largement en vivre Axelle et moi et on en est très contents » .

Dawa Sherpa, ultra-trail runner

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