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Parade recycle les sous-vêtements abimés en meubles et literie

© Azat_ajphotos

En partenariat avec TerraCycle, la startup américaine vient de lancer un programme de recyclage de sous-vêtements pour les transformer en isolants et en literie.

Récompenser le recyclage 

Ce programme déployé aux États-Unis permet de recycler des matériaux qui ne sont pas traditionnellement récupérés par des services locaux de collecte des déchets. À travers ce partenariat, les consommateurs peuvent ainsi se débarrasser de leurs sous-vêtements usagés en les envoyant dans un sac biodégradable qu’ils pourront commander au préalable sur le site de Parade.

Les sous-vêtements envoyés à Parade ne doivent pas nécessairement être en bon état, mais l’entreprise demande à ses clients de les laver avant de s'en défaire. Ils sont ensuite envoyés à l'un des centres de récupération des matériaux de TerraCycle, où ils sont triés par type de matériau puis nettoyés. Une fois nettoyés, les sous-vêtements sont déchiquetés mécaniquement et effilés pour former un matériau recyclé appelé « textile shoddy » . 

TerraCycle vend alors ce matériau à des entreprises qui l'utilisent dans des produits tels que de l'isolant pour les bâtiments, du rembourrage de literie, de tapis ou encore d'intérieur de véhicules.

Chaque participant au programme est récompensé par un bon de réduction de 20 % sur les produits Parade. Outre le recyclage, Parade produit des vêtements en nylon récupéré d’ateliers de confection, mais aussi en Tencel, un tissu biodégradable fabriqué à partir de pulpe de bois. 

S'affranchir de l'écoblanchiment

Avec pour objectif de rendre l'industrie plus durable, Parade aspire à inscrire son activité dans un modèle entièrement circulaire. Pourtant, effacer l’empreinte carbone de la deuxième industrie la plus polluante est loin d’être une tâche facile. Cela dépend de la transformation du système mis en place aujourd’hui, qui pour le moment ne fait que retarder l’échéance, mais aussi de la transparence des entreprises contre le greenwashing, l’écoblanchiment.

Prenons l’exemple de TerraCycle. Cette dernière a bâti son modèle d’entreprise en persuadant les marques de financer le recyclage de leurs produits au nom de leurs consommateurs. Par ailleurs, aux États-Unis, les entreprises peuvent fixer un plafond au montant qu'elles sont prêtes à consacrer à un programme de recyclage

En juillet 2021, TerraCycle, qui s’occupe aussi du cycle de recyclage de L’Oréal US et Clorox, fut poursuivie en justice par The Last Beach Cleanup, un organisme à but non lucratif de protection de l'environnement. Cette dernière a déposé une plainte devant la Cour supérieure de Californie, pointant du doigt l’opacité de l’entreprise sur ces contraintes budgétaires. 

En effet, alors que TerraCycle se targue de travailler avec des entreprises pour offrir des programmes de recyclage gratuits, la plupart des consommateurs ne peuvent participer à ces programmes à cause des limites strictes de participation de ces entreprises. Selon The Last Beach Cleanup, les consommateurs achèteraient donc des produits en croyant qu'ils seront recyclés gratuitement. Mais en réalité ils découvrent, une fois les produits achetés, que la participation de l'entreprise aux programmes de recyclage gratuits est fermée.

Parade, en l'occurence, affirme n'avoir fixé aucune limite à ce programme et s'engage à le gérer sur le long terme.

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