Une plante qui pousse sur du compost

Compost'Ond allie action citoyenne et compostage pour revaloriser les déchets végétaux

© Toledano

Cette entreprise stéphanoise revalorise les biodéchets en terreau, en accord avec les besoins d’industriels locaux dans une perspective d’économie circulaire.

Valoriser ses déchets

Avec sa station de compostage, d’une capacité de traitement de 2000 tonnes, Compost’Ond collecte et recycle en compost les biodéchets d’écoles, hôpitaux ainsi que les invendus des supermarchés bio locaux. La société coopérative d'intérêt collectif basée dans la Loire a pour objectif de collecter localement les déchets alimentaires et végétaux, les recycler en compost puis les revendre à des industriels de la région. Fondée en 2015, elle s’étend dans la métropole de Saint-Étienne et des villages alentour. 

Après avoir collecté les biodéchets, l'entreprise va les transporter vers son aire de fermentation afin de développer son compost sur quatre mois. Ce dernier est alors arrosé, trié et relevé dans une perspective d’hygiénisation dans un processus qui se répète cinq à six fois. Cette technique de compostage, appelée le bokashi, va s’appuyer sur la capacité des microbactéries à se développer et ainsi créer un fertilisant naturel à haut apport nutritif.

Une obligation territoriale

Selon l’Agence de la transition écologique, en France les déchets compostables représentent en moyenne un tiers des ordures ménagères annuelles. Dans la localité de Saint-Étienne, la restauration collective en milieu scolaire et hospitalier génère en moyenne un volume de déchets verts de 500 000 tonnes par an, avec une moyenne de 15 à 16 tonnes par établissement.

Selon le code général des collectivités territoriales (CGCT), il est de la responsabilité des collectivités d’éliminer les déchets ménagers à travers l’organisation d’un service public. Ainsi, ce service peut s’étendre à des agglomérations plus larges ou s’instaurer dans le cadre d’une entente intercommunautaire. 

Il peut se faire soit à travers l’instauration d’une équipe de la fonction publique territoriale soit en faisant appel à une entreprise privée. Alors qu’en 2013, la tarification de ce service, financé par l’impôt, s’élevait à près de 10 milliards d’euros pour les collectivités, ce coût peut être une motivation au recyclage voire à la réduction des déchets.

Alternatives aux produits chimiques

Alors que le pouvoir méthanogène des biodéchets est trois fois supérieur à celui du fumier de bovin, le compost présente une véritable alternative aux produits chimiques. Tout d’abord, l’engrais organique, à la différence de l’engrais chimique ou synthétique, possède des micronutriments dégradables. Il est ainsi composé d’éléments améliorant la texture du sol, sa capacité de rétention d'eau et empêchant l'érosion du sol. Le fertilisant organique présente par ailleurs moins de risques pour la santé.

Outre l’aspect environnemental, le compostage permet aussi d‘éviter les coûts onéreux de l’engrais chimique. En effet, l’engrais naturel, englobant excréments animaux, engrais verts et compost peut être produit à partir d'éléments naturels disponibles à faible coût dans une initiative globale verte.

Par ailleurs, en Europe, 80 % du coût de production de l'ammoniac, utilisé pour produire des fertilisants azotés, est lié à l'utilisation du gaz. Cette année, selon un rapport sur la production de gaz naturel de la Banque Mondiale, l’Europe a été touchée par une hausse de prix du gaz qui, selon le média agricole Terre-net, aurait augmenté de 25 % entre le premier et le troisième trimestre de 2021. Un chiffre qui joue en faveur de l'utilisation d'engrais naturel.

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