Rizière en terrasse

Le studio d'architecture LANDPROCESS transforme le toit de l'université Thammasat en ferme urbaine

© Shelyna Long

La ferme sur le toit de l’université Thammasat, au centre de la Thaïlande, collecte l’eau de pluie, la préserve et sert de terrain d’apprentissage pour des ateliers d’agriculture durable.

Un jardin communautaire

Le terrain de 22 000 mètres a été rénové par le studio d’architecture thaïlandais LANDPROCESS afin d’intégrer une production alimentaire durable, l’utilisation d’énergies renouvelables, ainsi qu’une gestion de l’eau et des déchets organiques communautaire dans l’espace public. Sur un schéma architectural de rizières traditionnelles thaïlandaises, le jardin est géré par les élèves et la municipalité de Bangkok. 

Dans une perspective responsable, le terrain et l’université sont alimentés par des panneaux solaires et s’appuie sur un système de collecte des eaux de pluie pour s’irriguer. En effet, dans cette région du monde exposée aux fortes précipitations, cette ferme urbaine prend parti de son environnement local en captant, à l’aide de canaux, l’eau de pluie qui est ensuite redistribuée dans plusieurs zones de stockage.

Outre ses rizières, la ferme abrite plus de 40 espèces végétales comestibles, dont du riz, des légumes et des fruits. Cette agriculture écoresponsable permet par ailleurs de répondre aux demandes d’une production alimentaire durable. En effet, l’ensemble des récoltes sert à préparer en moyenne 80 000 repas chaque année pour l’université. Ainsi, toujours dans cette perspective circulaire, la cantine du campus fabrique son propre compost à partir des déchets alimentaires afin de fertiliser les cultures en vue des prochaines récoltes.

Des défis urbains à l’échelle du réchauffement climatique

Le projet de LANDPROCESS s’inscrit dans une nouvelle vague de conception qui vise à accroître la résilience urbaine et à protéger les communautés vulnérables des effets dévastateurs du changement climatique. L’urbanisation des grandes villes d’Asie du Sud-Est les a conduit à s’exposer à des phénomènes météorologiques extrêmes.

S’adapter au réchauffement climatique représente un défi non seulement logistique mais aussi urbain pour les grandes villes de zones côtières. Bangkok est par exemple particulièrement vulnérable aux inondations et s’approche du niveau de la mer d'un à deux centimètres par an. 

Alors que la capitale était autrefois surnommée la « Venise de l'Orient » en raison de ses voies navigables, aujourd'hui de nombreux canaux de la ville ont été asphaltés pour faire place à l'étalement urbain. En conséquence, ces derniers ont bouché les voies par lesquelles les crues pouvaient se déverser naturellement.

La ferme urbaine de LANDPROCESS permet ainsi de pallier les dégâts de la saison des pluies. À l’aide d’un toit vert, de zones humides, d’une pelouse et d’un bassin de rétention, le jardin est capable de recueillir et de stocker l'eau, qui est ensuite utilisée pour l'irrigation durant la saison sèche.

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