Démission

La « Grande Démission », une histoire de sous ?

© Skynesher

En 2021, selon une étude de l'edtech Cengage, 91 % des salariés auraient démissionné à cause de leur salaire.

Le Washington Post rapporte qu’en octobre et novembre 2021, plus de 8,7 millions d’Américains auraient démissionné. Particulièrement répandue outre-Atlantique, la « Grande Démission » remet en question les codes du monde du travail et incite les travailleurs à repenser l’équilibre entre vie professionnelle et vie privée. 

Alors que la Grande Démission surfe sur la vague du bien-être et de l’accomplissement personnel, les raisons de ce phénomène semblent être plus pragmatiques. Les chiffres le montrent puisque, selon un sondage mené par Cengage, le désir de gagner plus d'argent aurait pris la tête du podium, devant l'épuisement professionnel. En effet, 91 % des participants citent « le désir d'être mieux payé » comme une des raisons principales de démission.

En France, la direction de l’Animation de la recherche, des études et des statistiques (Dares), a relevé « un niveau élevé de démissions de CDI » à la mi-2021. Sa dernière enquête a d’ailleurs constaté que cette hausse de démission en masse touche en particulier les salariés ayant connu une période de chômage partiel. Ainsi, alors que la recherche de sens fut un argument de taille pour la démission, la précarité a pu agir comme un catalyseur qui a accéléré ce phénomène.

En août 2021, une autre étude menée par le cabinet de conseil PwC, constate cette fois que les participants justifient le souhait de toucher un salaire plus élevé, puis celui d’obtenir de meilleurs avantages professionnels comme des raisons prédominantes de la démission. Raisons que 41 % des employeurs corroborent, d'après PwC.

Parmi les autres raisons de démission, Cengage évoque l'épuisement et le manque de soutien (89 %), le manque d'évolution (82 %), la reconsidération de priorités / objectifs pendant la pandémie (82 %) et enfin un changement de carrière dû à une passion (81 %).

Accélérateur de négociations

Les bouleversements liés à la pandémie ont modifié la place du travailleur au sein de l'entreprise : il est aujourd'hui considéré comme un élément indispensable du monde de l'entreprise moderne. Les perturbations sur le marché du travail ainsi que l'attention apportée aux attentes des employés ont alors permis de placer le travailleur dans une position de négociation.

Économiste du travail au Cnam-CEET, Héloïse Petit déclare dans un billet de blog de HelloWorkplace, spécialisé dans le décryptage du monde du travail, que pour attirer et retenir des talents, la rémunération est plus que jamais un levier pour les équipes RH : « Dans le cadre des négociations annuelles obligatoires (NAO), les entreprises vont devoir réfléchir à une revalorisation de leurs salaires. Un premier accord vient d’être trouvé par les professionnels de l’hôtellerie-restauration, mais l’enjeu se situe au-delà. Il faut également travailler sur les conditions de travail. »

commentaires

Participer à la conversation

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.