Jeune fille devant son smartphone dans le noir

Etude Kaspersky-IFOP : « des enfants surexposés sur Internet et des parents démunis »

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Alors qu’au moins 6 enfants sur 10 ont été confrontés à des images violentes ou pornographiques avant la fin du collège, 1 parent sur 4 ne saurait pas comment aider le sien en cas de cyberharcèlement. C’est ce que révèle l’étude Kaspersky France-IFOP réalisée auprès de parents d’élèves scolarisés à l’école élémentaire et au collège, dans le cadre de la Journée internationale de lutte contre la violence et le harcèlement en milieu scolaire.

Le constat est sans appel. L’accès massif au web et aux réseaux sociaux est devenu la norme pour les plus jeunes, 94% des parents ayant un enfant scolarisé du CP à la 3ème déclarent qu’il a accès à Internet, et ce en très grande majorité depuis un équipement personnel (74%). Cette ouverture sur le monde est une chance formidable lorsqu’elle s’accompagne de bonnes pratiques. Hélas, elles sont souvent loin d’être faciles à imposer… Et beaucoup de parents se sentent rapidement démunis.

Des parents impliqués mais vite dépassés

Lucides, les parents ont parfaitement conscience des dangers du numérique. Parmi ceux ayant un enfant scolarisé du CP à la 3ème, 82% se disent préoccupés par l’utilisation qu’il fait d’Internet (88% à l’école élémentaire, 78% au collège). Cette prise de conscience s’exprime par une véritable volonté de bien faire. En effet, 80% des parents déclarent avoir sensibilisé leur enfant aux dangers d’Internet, quand ils sont 19% à avoir carrément créé un faux compte sur un réseau social à des fins de surveillance.

Mais cette implication a ses limites car seul un parent sur deux (50%) déclare utiliser un logiciel de contrôle parental sur l’ordinateur de son enfant. Un chiffre qui baisse lorsqu’il s’agit du smartphone de l’enfant (47%) et plus encore de l’ordinateur familial (34%). Cela est peut-être à mettre sur le compte d’une certaine méconnaissance des outils technologiques et de leur utilisation, mais aussi à la confiance – exagérée ? – que les parents accordent à leur enfant (61%).

Dans un contexte où les violences en ligne sont de plus en plus nombreuses, comme le prouve régulièrement l’actualité, les parents se sentent vite démunis. Ils sont ainsi 48% à préciser que l’utilisation du numérique est source de conflit avec leur enfant, instaurant ainsi un mauvais climat familial. Près d’un parent sur deux (47%) affirme également que leur enfant est beaucoup moins sociable depuis qu’il a un smartphone, et 55% qu’il maîtrise mieux cet outil qu’eux.

Résultat, un parent sur quatre (25%) se sent mal informé sur la manière de protéger son enfant des dangers d’Internet, et n’a pas le sentiment de savoir comment protéger son enfant au cas où il serait concerné par le cyberharcèlement.

Accès à internet, TikTok, cyberharcèlement… L’entrée au collège comme point de bascule

Cette anxiété parentale fait écho à l’explosion de l’exposition des enfants à des contenus inappropriés à leur âge. En clair, 59% des parents d’élèves scolarisés du CP à la 3ème admettent que leur enfant a déjà été exposé à des images violentes, choquantes ou pornographiques. Sous cet angle, l’entrée au collège est un point de bascule. L’exposition aux contenus violents passe de 39% à 61% des enfants entre l’école élémentaire et le collège, et de 18% à 43% pour les contenus pornographiques.

D’une part, les collégiens sont quasiment aussi équipés que les adultes : 54% d’enfants à l’école élémentaire ont accès à Internet depuis un équipement personnel contre 91% au collège. D’autre part, c’est l’âge de la montée en puissance des réseaux sociaux. Alors que plus d’un parent sur deux (53%) affirme que son enfant scolarisé du CP à la 3ème est inscrit sur au moins un réseau social, ce chiffre atteint 76% pour les collégiens. Et les réseaux sociaux les plus populaires (selon les parents) sont Snapchat (34% y ont un enfant inscrit, dont 7% de parents qui le désapprouvent) et TikTok (33%, dont 12% de parents qui le désapprouvent – site le moins populaire auprès des parents).

Cette surexposition va de pair avec l’augmentation du risque de cyberharcèlement : 21% des parents de collégiens savent que leur enfant ou un de ses camarades a déjà été harcelé en ligne, et 4% que leur enfant en a été victime (1 sur 25, soit un par classe en moyenne). Parmi ces jeunes, 24 % sont inscrits sur au moins un réseau social et ce sont les filles qui sont davantage confrontées à ce phénomène (25% contre 19% pour les garçons). Et se pose également la question de l’enfant « bourreau » , puisque 10% des parents ont déjà été convoqués à l’école car leur enfant a pris part à l’humiliation d’un autre.

Plus d'informations sur l'Etude Kaspersky - Ifop

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