Vedette fluviale avec une famille

Vedettes de Paris lance la décarbonation de ses bateaux de tourisme fluvial

© Vedette de Paris

L’entreprise de croisière sur la Seine a des objectifs ambitieux : la mise en chantier de son premier bateau électrique au printemps 2022 et la conversion électrique de l’intégralité de sa flotte avant les Jeux olympiques 2024.

Un chantier de 7,5 millions d’euros en faveur de l’écologie. À l’occasion de cette quinzaine placée sous le signe du climat et de la COP26, Vedettes de Paris annonce le lancement des études de conception d’un mode de propulsion électrique inédit par son ampleur et les technologies employées.

Notre ambition est de remotoriser deux de nos unités d’ici la fin 2022, et l’intégralité à la fin 2023, ce qui implique un bouleversement de notre exploitation et une révision de nos installations. Rotation des bateaux, électrification du quai, limitation de notre consommation électrique hors navires, cadencement de nos activités sur le site… C’est toute notre manière de travailler qui doit être repensée au prisme de l’optimisation de notre consommation électrique.

Stéphane Solal, directeur technique de Vedettes de Paris.

Vedettes de Paris, un acteur « vert » de la Seine

Nous travaillons sur l’électrification de nos bateaux depuis de nombreuses années, mais aujourd’hui, il ne s’agit plus d’un projet, c’est la réalité. Nous allons concrétiser l’un de nos chantiers les plus ambitieux en faveur de l’environnement. Vedettes de Paris a toujours été très sensible et en avance sur les questions environnementales. Nous avons été la première compagnie parisienne à être certifiée ISO 14001 en 2008. Et notre dernière unité livrée en 2010 est un diesel électrique, une motorisation novatrice à l'époque pour cet usage.

Vincent Delteil, directeur de site de la compagnie

Mais désormais, pour la compagnie qui transporte plus de 800 000 passagers par an (données pré-Covid), il s’agit d’aller au-delà et de mettre en œuvre le verdissement de sa flotte. À terme, la décarbonation de Vedettes de Paris évitera la consommation de 370 000 litres de gasoil par an (soit la production annuelle de 1 000 tonnes de CO₂), ainsi que le rejet d’émission de particules néfastes pour l’environnement et la santé.

Vedette de Paris sur la Seine

L’électrification : des premiers tests en 2014 à la concrétisation en 2022

Une technologie qui permet depuis peu de répondre aux besoins d’exploitation

Le choix technologique et son adéquation au rythme d’exploitation des bateaux est crucial. Ces dernières années, Vedettes de Paris s’est penché plusieurs fois sur la question en s’appuyant sur les compétences de professionnels reconnus. Si les premières tentatives se sont révélées infructueuses (la première remonte à 2014), la technologie des batteries à recharge rapide permet depuis peu d’envisager à nouveau cette remotorisation. C’est pourquoi Vedettes de Paris a décidé de participer au groupe pilote d’étude, avec 11 autres acteurs du transport fluvial séquanien, mené par la Communauté Portuaire de Paris (CPP) afin d’évaluer la possibilité technique d’un tel projet.

Des batteries nouvelle génération qui s’adaptent aux contraintes d’exploitation

La réglementation autour de l’hydrogène ne permettant pas d’envisager cette technologie avant une dizaine d’années, il s’agissait de s’assurer qu’il était possible, en électrique, de garantir la navigation à des bateaux qui, pré-Covid, opéraient non-stop de 10 h du matin à minuit passé, avec des escales au port pouvant ne pas dépasser les 20 minutes. Les contraintes à prendre en compte sont bien évidemment plus nombreuses : vitesse minimale de navigation sur le fleuve, forts courants notamment en cas de crue, poids des batteries, stabilité ou encore tous les aspects réglementaires et de sécurité à maîtriser. Grâce à des relevés et aux pré-études menées par Naviwatt* (expert de la propulsion électrique), la faisabilité de l’électrification des unités a été confirmée dans son principe en 2020. Ainsi, le 4 novembre 2021, s’est tenue, avec Ship-St (bureau d’études spécialisé en ingénierie navale), la réunion de lancement de la conception du rétrofit (passage du thermique à l’électrique) de la première unité.

C’est un projet stratégique pour Vedettes de Paris mais aussi pour l’ensemble de la profession. C’est donc tout naturellement que Vedettes de Paris a signé ce jour la déclaration de Glasgow sur l’action climatique dans le tourisme, réaffirmant son engagement de diminution de ses émissions carbonées et dans la diffusion de bonnes pratiques.

Olivier Jamey, président de la CPP
Vedette de Paris sur la Seine

7,5 millions d’euros pour électrifier la flotte Vedettes de Paris d’ici 2024

Difficile de mobiliser des moyens et de se projeter dans une période où le tourisme est touché de plein fouet par la pandémie, mais qu’importe.

Nous ne pouvons plus nous permettre de consommer du gasoil et d’émettre tant de gaz à effet de serre (GES). Il faut préparer notre avenir commun et pour cela, c’est maintenant qu’il faut agir. Les défis face au changement climatique et à la nécessaire transition énergétique sont immenses et les actions doivent être entreprises au plus tôt.

Marie Bozzoni, directrice générale

Car c’est en participant à la Convention des Entreprises pour le Climat avec 149 autres entreprises françaises de toutes tailles et tous secteurs d’activité, que l’urgence s’est ajoutée pour Vedettes de Paris à la conviction déjà acquise de la nécessité d’agir.

Un Certificat d’Économie d’Énergie pour le transport fluvial de passagers

Le financement d’un tel projet est évidemment un point clé, l’effort financier pour la Compagnie représentant, pour l’ensemble de la flotte, près d’une année de chiffre d’affaires pré-Covid. Cependant, cet effort sera partiellement allégé grâce à la mise en place de la fiche Certificat d’Économie d’Énergie pour le transport fluvial de passagers d’ici la fin de l’année par l’ADEME et les Voies navigables de France (et à laquelle contribuent les Entreprises fluviales de France et la CPP), au soutien de HAROPA – Ports de Paris, et à l’implication d’organismes de financements parapublics.

Le Graal ? Pour Vedettes de Paris, ce n’est que la première étape.

Face aux enjeux climatiques, il ne s’agit plus désormais de se contenter de diminuer les externalités environnementales négatives mais de transformer l’activité pour atteindre ce que toute entreprise devrait adopter en tant que profession de foi, l’économie régénérative. Tout comme la décarbonation des flottes de bateaux fluviaux ne pourra être maximisée que dans le cadre d’une action commune au niveau de la filière, la réflexion sur la transformation des modèles économiques dans le tourisme ne pourra être menée de manière isolée pour avoir un réel impact.

Marie Bozzoni
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