Images de femmes avec le ruban rose de l'octobre rose.

The Blue Box développe un détecteur de cancer du sein par échantillon urinaire

© ST.art

Un dispositif portable qui détecte des signes de cancer du sein à partir d’échantillon urinaire en cours de développement par une startup espagnole.

Un détecteur indolore et réutilisable

Cette entreprise espagnole est en train de développer des intelligences artificielles capables de détecter un cancer du sein à partir des fluides corporels. En cours de validation clinique, la technologie de The Blue Box se base sur la reconnaissance de composés chimiques propres aux changements métaboliques présents dans l’urine lors d’un cancer.

L'entreprise, qui s’est développée au profit d’une méthode de détection indolore dans le confort de chez soi, aspire à se placer dans les rayons de pharmacies américaines dès 2023.

Des études menées par la startup ont montré que l’urine était un facteur déterminant pour identifier des cancers. L’équipe de The Blue Box s’est alors inspiré de recherches faites sur des chiens détecteurs de cancers avant de créer un prototype d’AI qui ferait la même chose. Concrètement, l’utilisatrice dépose un échantillon d’urine dans le boîtier contenant une gamme de 8 capteurs chimiques sensibles aux biomarqueurs des cellules cancéreuses. La présence ou l’absence de certaines molécules détectées par l’IA va ensuite indiquer à l’utilisatrice si des souches cancéreuses sont existantes.

Cette technologie permet aux femmes de se faire dépister sans avoir à aller chez le gynécologue. Alors que The Blue Box rapporte une fiabilité de 95 %, cette innovation est aussi non-invasive et réutilisable. La prochaine étape pour The Blue Box est de pouvoir reconnaître des symptômes d’un cancer arrivé à un stade avancé.

Alternatives aux méthodes de détection classiques

Le cancer du sein est le cancer le plus commun chez les femmes. Au cours de leur vie, 10% des femmes contracteront un cancer du sein, dont plus de 75% après 50 ans. La détection du cancer du sein commence par des palpations des seins recommandées dès l’âge de 25 ans afin de détecter des anomalies physiques et tangibles. Elles peuvent s’accompagner d’une consultation médicale dès l’apparition de signes anormaux.

Alors que la détection précoce permet un gain de temps sur la maladie mais aussi de réelles chances de guérison, les externalités négatives émotionnelles dues à l’anxiété en attente de diagnostic restent, encore aujourd’hui, un frein au dépistage.

Alors que les radiations de la mammographie ne représentent que 2 % de l’exposition des populations aux rayonnements ionisants, elles représentent 46 % des réticences au dépistage. Ceci est en partie dû aux tabous encore présents autour du cancer du sein. Ceux-ci participent notamment à la désinformation des stratégies de détection.

Selon un sondage mené par The Blue Box sur un échantillon de 200 femmes entre 18 et 75 ans, 28,3 % d'entre elles ne se sont jamais fait dépister. En France, l’examen mammaire est 100 % pris en charge par l’assurance maladie.

Abattre les tabous pour mieux se soigner

La sensibilisation au cancer du sein ouvre par ailleurs une question plus générale autour des tabous liés au corps féminin en société. En effet, la détection du cancer du sein n’échappe pas à la difficulté de se faire prendre au sérieux par le corps médical. À l’instar de l‘endométriose, certaines femmes ont du mal à se faire diagnostiquer à cause de symptômes subjectifs au toucher de la patiente.

Alors que certaines femmes peuvent être anxieuses à l’idée de se découvrir une grosseur anodine, d’autres peuvent ressentir de la honte à porter un gène fatal. À cela s’ajoute la différence de diagnostic et d’avis médical qui est loin de faciliter le dépistage et encore moins le choix du mode de traitement. Ce dernier aura pourtant des impacts psycho-sociaux importants sur la vie intime de la patiente et sur son identité. Il reste donc primordial de se faire dépister et de rester informé.es pour un diagnostic efficace.

Enfin, c’est dans un esprit d’entraide, de pédagogie et de prise de conscience, que le mois de sensibilisation du cancer du sein, ou « octobre rose » fut instauré en 1985.

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