Deux ans après la première édition, l’Association Nationale des Directeurs des Ressources Humaines (ANDRH) en partenariat avec le BCG, a réalisé une étude qui dessine un état du monde du travail actuel et observe l’impact de la pandémie sur l'organisation de la fonction RH. 58 % des DRH interrogés estiment que c'est bien l'hybridation du travail qui a touché le plus l'organisation du travail.

Fini les interrogations sur le travail hybride ! Le télétravail n'a plus de secrets pour les travailleurs. Quel est l'impact du travail hybride ? C'est en creux la question qu'a posée l'étude ANDRH et BCG à quelque 88 professionnels du secteur RH français.

L’avènement du travail hybride s'est accompagné de deux grands bouleversements. Premièrement, la flexibilité de l'organisation du travail.

À l’ère du travail hybride, 90 % des répondants constatent une différence dans les attentes exprimées par les candidats de la période post-Covid. Au cœur de ces attentes, un mot : flexibilité ! Alors que 78 % des DRH de l'étude estiment que les candidats revendiquent plus de flexibilité sur leur lieu de travail, pour 46 % des répondants, les attentes des candidats se concentrent sur leurs horaires.

Ainsi, plus de la moitié des répondants de l'étude s'accordent à dire que les salariés souhaitent plus de personnalisation dans l'organisation du travail. Des attentes corroborées par cette étude de BCG qui affirme que 87 % des salariés revendiquent au moins 1 jour par semaine et que 80 % d’entre eux souhaiteraient des horaires de travail au moins partiellement flexibles.

Deuxièmement, les modèles managériaux. Allier productivité et flexibilité dans la création d’un modèle de travail hybride durable, voilà le deuxième enjeu des pratiques managériales de demain.

Source : ANDRH x BCG

Pour 84 % des DRH, la position managériale fait face à de nouvelles attentes avec une particulière attention sur sa capacité de motivation et celle de délégation. Pour 70 % des répondants, aux côtés d'une aptitude à former et à évaluer le travail effectué, la conversion de ce rôle vers des responsabilités plus « humaines » sera essentielle pour le futur du travail.

Quand le travail hybride devient la norme 

Face à l’impératif de flexibilité, la culture du présentéisme fond comme neige au soleil. Pour preuve, l’étude prévoit une stabilisation du télétravail, en moyenne autour de 2 jours par semaine de 2022 à 2025. À cela s’ajoute la volonté grandissante des entreprises d’adopter le travail en asynchrone. En effet, côté RH, 39 % des interrogés prévoient la mise en place de méthodes de travail décentralisées pour plus de la moitié de leurs salariés, a minima d’un jour par semaine d'ici 2025 – une augmentation de 8 points depuis 2020. 

Source : ANDRH x BCG

Finalement, tout est une question d'habitude dirait-on, et le télétravail n'échappe pas à la règle. Le travail remote convainc ainsi de plus en plus les DRH : selon l’étude ANDRH, 40 % des répondants seraient ouverts à ouvrir davantage de postes au télétravail, ou y réfléchissent. 

Si 85 % des répondants sont enclins à développer la pratique au sein de leur entreprise, le monde de l’entreprise réfute l’idée d’un salarié full remote. En France, seulement 1 % des équipes managériales répondantes envisagent que leurs salariés exécutent leur travail en total distanciel. De là à accepter la réalité d'un digital nomadisme, le monde français de l'entreprise en est encore loin.

Le remote ? Pas si évident que ça !

Alors que le travail décentralisé peut en dérouter plus d’un, la fonction RH étend son champ d’action et adapte ses pratiques aux collaborateurs. Ainsi, 60 % des répondants estiment que la fonction aurait gagné en pertinence pendant la crise.

Si les DRH ont pris de l’importance dans la vie salariale au sortir de la crise, la fonction ne peut occulter les risques liés au travail hybride et certains reconnaissent l’émergence des enjeux associés tels que le collectif de travail, le niveau d'engagement ou encore la productivité.

Source : ANDRH x BCG

S’ils sont aidés par la transformation digitale, que 75 % considèrent comme prioritaire dans la transformation des ressources humaines, 70 % pointent du doigt la continuité des malentendus et du manque de cohésion entre les collaborateurs en présentiel et les télétravailleurs. 

Par ailleurs, 89 % d’entre eux redoutent le manque d’interactions sociales et le décrochage du sentiment d’appartenance à l’entreprise, inhérent au télétravail. Au-delà des taux d’engagement, pour 80 % des répondants de l’étude, l'équilibre vie professionnelle / vie personnelle serait le premier à pâtir de ce nouveau mode de travail.

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